PARIS (AFP) - Entre 24% selon le ministère et 55% selon le Snes-FSU (majoritaire) des personnels de l’Education, pour la plupart des enseignants, étaient en grève mardi dans les collèges et lycées pour protester contre les milliers de suppressions de postes.
Plusieurs milliers de personnes, en grande partie des lycéens venus de toute la région parisienne, ont par ailleurs manifesté à Paris, a constaté une journaliste de l’AFP.
Une moyenne de 55% des personnels de l’Education étaient en grève mardi dans les collèges et lycées, a annoncé à l’AFP le Snes-FSU, à partir de remontées encore partielles, en citant des pointes à 80% ou 90% de grévistes dans certains établissements, notamment en région parisienne.
Selon Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le mouvement a été en outre davantage suivi dans les collèges, avec des moyennes autour de 60%, que dans les lycées (environ 45%).
Le ministère a de son côté fait état de 25,42% de grévistes dans les collèges, 19,45% en lycées professionnels et 23,43% en lycées généraux et technologiques. Il a cité des pointes à 51,56% dans les lycées généraux de l’académie de Limoges ou de 37,29% dans les collèges d’Aix-Marseille.
Dans l’académie de Créteil, "c’est la grève la plus suivie depuis le début de l’année, avec plus de 60% de grévistes et des pointes jamais vues en Seine-et-Marne", a précisé le Snes-FSU qui appelait à cette journée de mobilisation aux côtés du Snep-FSU (majoritaire), du Snuep-FSU, de la CGT, FO et Sud-Education (minoritaires).
Le ministère a fourni pour l’académie de Créteil, dont certains établissements sont très mobilisés depuis quelques semaines, les chiffres de 27,02% de grévistes en collèges, 35,15% en lycées généraux.
Lors de la précédente journée d’actions le 24 janvier, dans l’unité syndicale et dans le cadre d’une journée Fonction publique à laquelle participaient aussi les écoles primaires, le ministère avait comptabilisé 34,21% de grévistes, les syndicats 54%.
Le 20 novembre, dans un même cadre fonctionnaires et unitaire, les syndicats faisait état de 58% de grévistes, le ministère de 39%.
"Le contexte est différent", a expliqué Frédérique Rolet, pour qui "les suppressions de postes sont un déclencheur" car "elles sont devenues très visibles, très concrètes", a estimé Mme Rolet.
Depuis deux mois en effet, les établissements ont tous appris petit à petit de combien de postes ils allaient devoir se passer à la rentrée prochaine, traduction concrète des 11.200 suppressions prévues au budget 2008 et les actions locales se sont multipliées ces dernières semaines.
Les autres revendications de la mobilisation sont "l’abandon de la référence" au rapport Pochard sur la revalorisation du métier d’enseignant, dont les préconisations de polyvalence des enseignants, de refonte de leur charge de travail ou d’autonomie des établissements, inquiètent, et le rejet de la généralisation du bac professionnel en 3 ans (contre 4 aujourd’hui), qui passe par la suppression d’un certain nombre de BEP.