PARIS (AFP) - Les actions unitaires, menées au niveau national, par des enseignants, lycéens et parents d’élèves contre les suppressions de postes dans l’Education vont s’interrompre pour la période des examens, mais les syndicats poursuivront la mobilisation à la rentrée.
Mardi, les fédérations de l’Education, réunies pour décider de la suite de la mobilisation contre les 11.200 postes prévues à l’automne, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un appel commun à une nouvelle journée nationale début juin.
Pour autant, les actions ponctuelles ne s’arrêtent pas : la FSU, première fédération de l’Education, qui était favorable à une journée de grève le 6 juin, a appelé "à développer les actions locales".
En outre, lors d’une intersyndicale Fonction publique mardi soir, trois syndicats de fonctionnaires, dont la FSU, la CGT et Solidaires, se sont dit favorables à une journée de grève la semaine du 9 juin, notamment contre le projet de loi sur la mobilité.
La décision devrait être rendue publique jeudi midi, selon le Snes-FSU (majoritaire dans le secondaire) et le SNUipp-FSU (premier dans le primaire). Pour ce dernier, la journée devrait avoir lieu "probablement le 10 juin". "L’action ne s’arrête pas en juin !", a averti le Snes-FSU.
A moyen terme, les syndicats de l’Education ont convenu de se retrouver en août, la semaine avant la rentrée, une fois que les premières orientations sur le budget 2009 -et donc les nouvelles suppressions de postes pour 2009 connues- afin de préparer de nouvelles actions à la rentrée.
"Le gouvernement est resté sourd à nos revendications. Il faut que le gouvernement entende que la colère et l’exaspération de la communauté éducative sont toujours là", devrait dire, en substance une déclaration commune des organisations qui devrait être publiée dans les prochains jours, selon le SE-Unsa.
Dans le cadre de la poursuite du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les syndicats craignent qu’entre 16.000 à 20.000 postes dans l’Education soient à nouveau supprimés dans le cadre du budget 2009.
Ils s’opposent aussi au projet de programmes du primaire et au projet de loi instituant un droit à l’accueil dans les écoles les jours de grèves.
Est donc suspendu, temporairement, le mouvement unitaire et national mené par une vingtaine d’organisations, qui s’était traduit par trois journées de grève en novembre, janvier, et mai (le 15), un mouvement lycéen tous les mardi et jeudi entre mars et mai, ou encore plus récemment par une journée de manifestations le 24 mai.
"La période qui se prépare n’est pas propice à de nouvelles actions d’ampleur d’ici les grandes vacances, car c’est la période des examens", a affirmé Dominique Thoby, secrétaire nationale du SE-Unsa (2ème dans le primaire, 4ème dans le secondaire).
"Nous n’avons pas les moyens, dans le calendrier actuel, d’avoir une journée réussie, donc on prend date pour août", a déclaré Thierry Cadart (Sgen-CFDT).
"On suspend les appels nationaux pour le mois de juin", a renchéri Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (première fédération de parents d’élèves), qui, comme le SE-Unsa, le Sgen-CFDT et l’UNL (lycéens), soutient cependant "les mobilisations locales" actuelles ou prévues en juin.
"Dans le contexte des examens, on n’a pas la même capacité de mobilisation qu’il y a deux mois, il faut en tenir compte" a reconnu Léo Moreau, vice-président de l’UNL. Mais selon lui "les élèves de seconde et première restent mobilisés".