Accueil du site - Actualité - Education : le SNUIpp attend 69% de grévistes dans le primaire, jeudi

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Le SNUIpp, premier syndicat d’instituteurs, s’attend à une grève massivement suivie jeudi à l’Education, avec en moyenne nationale 69% de grévistes dans les écoles maternelles et élémentaires, alors que la polémique reprend à cette occasion sur le service minimum d’accueil (SMA).

Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos a défendu une nouvelle fois le SMA, mardi lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Les familles "auront trouvé grâce au gouvernement de François Fillon une réponse autre que celle de la grève", a-t-il dit.

Dans un communiqué diffusé mardi, le Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUIpp) déclare que "69% des enseignants (seront) en grève", jeudi dans les écoles, selon un décompte réalisé sur un total de 69 départements.

Le syndicat précise qu’il prévoit des pointes de 80% à 85% dans l’Ain, le Cher, le Doubs, l’Eure, la Haute-Garonne, la Gironde, l’Hérault, l’Indre-et-Loire, la Loire, le Loiret, le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Savoie, le Tarn-et-Garonne, l’Essonne, ainsi qu’en Guyane. A Paris, où le SNUIpp annonce 70% de grévistes, le mouvement pourrait entraîner la fermeture de 208 écoles sur un total de 660, selon le syndicat.

Jeudi, les principaux syndicats appellent à la grève dans le primaire et le secondaire pour dénoncer la politique éducative du gouvernement, notamment les suppressions de postes et les réformes mises en oeuvre "à marche forcée", selon les syndicats.

Cette grève risque de donner lieux à une nouvelle passe d’armes entre les syndicats, certains élus locaux, et le gouvernement sur la mise en oeuvre du Service minimum d’accueil (SMA) que sont désormais tenues d’organiser les communes dans les établissements dépassant 25% de grévistes.

Ainsi, mardi, la Ville de Lyon a annoncé qu’elle ne pourrait pas mettre en place, comme l’exige la loi, ce SMA dans les écoles à l’occasion de cette journée de mobilisation.

"Il nous faudrait pour cela trouver 720 vacataires disponibles en une seule journée, et c’est absolument impossible ! Ce n’est pas que nous ne voulons pas appliquer la loi, c’est que nous ne pouvons pas !", a expliqué Yves Fournel, l’adjoint aux affaires scolaires et à la petite enfance.

La mairie de Lyon avait mis en place ce service lors de la grève du 23 octobre, mais trois écoles de Lyon seulement étaient concernées. Une lettre a été distribuée mardi matin dans les écoles à tous les parents d’élèves pour qu’ils prennent leurs dispositions.

"La mise en place du service minimum dans les écoles apparaît bien pour ce qu’elle est : non pas un dispositif de dialogue social comme le ministre voudrait le faire croire, mais bien une remise en cause des conditions d’exercice du droit de grève des enseignants des écoles et un risque pour la sécurité des élèves", estime de son côté le SNUIpp dans son communiqué.

Outre l’accueil des élèves effectué par des personnels communaux, les syndicats d’enseignants sont opposés à la déclaration préalable que les grévistes doivent faire à leur administration dans le cadre du SMA, 48 heures avant le déclenchement effectif du conflit.

Dans ce contexte, le SNUIpp rappelle sa demande d’abrogation de la loi et déclare "comprendre" et "soutenir les municipalités qui ne mettent pas en place le service minimum d’accueil en raison des risques qu’encourent les élèves et de leur attachement au droit syndical".

Alors que la loi sur le SMA a été adoptée en juillet dernier, le SNUipp rappelle que conformément à l’usage qui prévaut depuis plusieurs années, les enseignants "ont prévenu les familles selon les modalités habituelles".

En outre, le syndicat "attire l’attention des parents d’élèves sur les risques qu’une garderie mise en place dans l’improvisation fait courir aux enfants en matière de sécurité".

De son côté, Xavier Darcos a adressé une nouvelle fin de non recevoir aux syndicats d’enseignants, 48 heures avant la grève. "Lorsqu’on m’explique que la seule solution pour régler tous les problèmes à l’Education nationale, c’est (...) d’ajouter des moyens désordonnés, incontrôlés et infructueux, je réponds ’non, il faut conduire une autre politique, une politique de réforme", a-t-il dit lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Quant au SMA, le ministre de l’Education a expliqué que "les familles, les parents, les mamans qui sont seules et qui devront faire garder leurs enfants (...) auront trouvé grâce au gouvernement de François Fillon une réponse autre que celle de la grève". AP