Nicolas Sarkozy a annoncé, jeudi 27 novembre dans un discours devant les maires de France réunis en congrès à Paris, des aménagements du Service minimum d’accueil (SMA) dans les écoles en cas de grève et l’annulation des référés déposés par les préfets contre les maires n’appliquant pas la loi.
"On doit parvenir à un accord, y compris sur les référés, a-t-il expliqué. Je comprends parfaitement le sentiment d’injustice des maires traînés devant les tribunaux, alors qu’ils n’ont pas les moyens de mettre en oeuvre le dispositif. Je veux, dès la semaine prochaine,recevoir le bureau de l’Association des maires de France, avec les ministres concernés, y compris le ministre de l’Education nationale."
Applaudissements nourris dans la salle, qui n’avait pas digéré l’absence pendant tout le congrès du ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, principal auteur du SMA. En clair, c’est un recul sur une loi qui empoisonne les relations entre le gouvernement et les élus depuis plusieurs mois.
Dans ce conflit, M. Sarkozy a joué, jeudi, les maires ruraux contre ceux des grandes villes, plus politisés et majoritairement socialistes. "On ne peut pas demander la même obligation au maire d’un secteur rural qui n’a pas un seul employé titulaire du BAFA [brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur] qu’au maire de la capitale de la France." Allusion directe à Bertrand Delanoë qui refuse d’appliquer le SMA. "Je fais la différence entre celui qui ne peut pas appliquer la loi et celui qui en fait un acte militant", a insisté le président.
Les maires UMP n’osent se montrer trop critiques. Alain Juppé reconnaît qu’il y a "des difficultés d’application" et qu’il faudra "une évaluation". Les élus socialistes des grandes villes mettent en revanche en avant les compensations financières insuffisantes versées par l’Etat. "Sur la base d’un adulte pour 20 enfants, il faudrait ainsi mobiliser 900 personnes, ce qui excède très largement les possibilités de la ville qui emploie 530 personnes aux côtés des enseignants", note Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg.
De leur côté, les maires ruraux mettent en avant la sécurité des enfants et la responsabilité des élus. "J’ai 160 enfants dans mon école, témoigne Jean-Claude Castagnier, maire d’Issigeac en Dordogne. Pour l’instant, je peux compter sur deux aides maternelles. Si le nombre d’enfants à garder en cas de grève passe à 80, ce sera la catastrophe. En cas d’accident mortel, c’est moi qui sera responsable devant la justice et devant mes administrés, par le gouvernement !"
Le Monde.fr