Accueil du site - Actualité - Double message du gouvernement sur le service minimum

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PARIS (Reuters) - Le gouvernement semble maintenir l’incertitude quant au périmètre d’application du service minimum prévu dans les transports terrestres à compter de 2008 mais qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs des services publics, dont l’école.

Dernière en date des interventions sur un sujet qui avait été une des promesses électorales de Nicolas Sarkozy, son conseiller spécial Henri Guaino affirme que la mise en place d’un service minimum dans l’Education nationale est exclue.

"Ce à quoi il faudra réfléchir, c’est à l’obligation d’accueillir les enfants même les jours de grève dans le primaire", dit-il dans un entretien que Le Monde publie samedi.

"Il n’est pas prévu de service minimum de l’éducation", ajoute celui qui fut la "plume" de Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale.

Selon un sondage CSA publié par Le Parisien samedi, 69% des Français sont favorables à la mise en place d’un service minimum dans les écoles les jours de grève. Un pourcentage similaire de personnes interrogées (70%) est en faveur d’un service minimum dans les transports en commun.

Un projet de loi actuellement présenté au Parlement à la faveur de la session extraordinaire porte sur "le dialogue social et la continuité du service public dans les transports publics terrestres" à partir du 1er janvier 2008.

Le texte a été adopté par le Sénat jeudi. Les députés l’étudieront à partir du 30 juillet.

DESSERTE DES ÎLES

Henri Guaino, avant lui ces deux derniers jours David Martinon, porte-parole du président de la République, et le ministre du Travail, Xavier Bertrand, ont insisté sur le fait qu’une extension du service minimum à d’autres secteurs n’était pas d’actualité.

Mais tous ont laissé la porte ouverte à des modifications éventuelles. Xavier Bertrand, vendredi au micro de LCI, a ainsi posé la question : "S’il y a une grève, comment on fait pour l’accueil des enfants ?".

Le Premier ministre, François Fillon, a été le premier à évoquer la possibilité d’étendre le service minimum à d’autres secteurs du service public, comme l’Education nationale.

Ses propos, mardi dernier sur France 3, ont déclenché un tollé chez les syndicats enseignants et de vives critiques de l’opposition.

Celle-ci a parlé de "cacophonie gouvernementale" et le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a accusé le chef du gouvernement de "provocation".

En déplacement vendredi dans le Var, François Fillon a affirmé qu’il ne regrettait absolument rien de ce qu’il avait dit car, a-t-il estimé, il faut "plus de dialogue social dans l’Education nationale" et que "les enfants soient accueillis" les jours de grève.

Le journal Le Monde note samedi que l’objectif du gouvernement est "d’étendre dès que possible le dispositif s’il se montre efficac e".

Le quotidien, à l’appui de cela, cite une lettre envoyée par Xavier Bertrand au secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, à propos de la desserte des îles proches du littoral, des liaisons non terrestres donc non concernées par le projet de loi déposé au Parlement.

Xavier Bertrand y demande "d’engager rapidement des concertations, avec les autorités organisatrices, les entreprises et les partenaires sociaux concernés afin que ceux-ci, sur une base volontaire, puissent transposer au cas par cas (...) les principes posés par le projet de loi".