Accueil du site - Actualité - François Fillon ouvre le chantier de la condition enseignante

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Avant de dévoiler mercredi un budget 2008, marqué par 11.200 suppressions de postes à l’Education nationale, le gouvernement installe aujourd’hui la commission sur le métier d’enseignant, dont est membre Michel Rocard.

Nicolas Sarkozy l’a assuré aux 850.000 enseignants qui ont commencé ce week-end à recevoir chez eux sa « Lettre aux Educateurs » : « La nation vous doit une reconnaissance plus grande, de meilleures perspectives de carrière, un meilleur niveau de vie, de meilleures conditions de travail. » Son Premier ministre, François Fillon, est donc chargé de passer aux actes. Il donnera, aujourd’hui, le coup d’envoi officiel du chantier de la revalorisation de la « condition enseignante » en installant la commission ad hoc, présidée par Marcel Pochard. Si la méthode de travail s’annonce classique (auditions et livre blanc à Noël), le casting a fait couler beaucoup d’encre. En sus des experts (Agnès Van Zanten, Christian Forrestier, Pierre-Yves Duwoye), le gouvernement s’est adjoint les services de l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, qui fut l’un des acteurs majeurs de la dernière revalorisation enseignante (1989).

Pas question cependant de répéter les mêmes erreurs : le gouvernement veut obtenir des syndicats qu’ils acceptent une réforme de leur statut sans se cantonner à la seule revalorisation . Ces derniers se disent pour l’instant prêts à jouer le jeu de la concertation, même si les importantes baisses de postes prévues au budget 2008 (- 11.200) font grincer des dents. Une « lettre ouverte » à Nicolas Sarkozy sera dévoilée cette semaine. Pour ne pas envenimer le climat à trois jours du budget, la rue de Grenelle martèle que « la commission Pochard ne sera pas complètement tenue par le budget 2008 », quand bien même des réformes interviendraient dès la rentrée.

Derrière un programme de travail dense, en forme d’inventaire à la Prévert - entrée dans le métier, mobilité, fin de carrière, horaires, bivalence, missions, reconversion... -, le cap est en tous les cas clair : introduire un peu de culture de la performance et du mérite au sein du « Mammouth » (défiscalisation des heures supplémentaires, primes en sus des salaires..) et dépoussiérer des statuts vieux de cinquante ans pour tenter de rendre le métier attractif et répondre au malaise. « Il y a un décalage : la société a une bonne image des enseignants, or ils se croient mal aimés car ils ont le sentiment de ne plus remplir leur mission », constate Patrick Rayou. Pour ce chercheur, l’un des enjeux sera de répondre au désarroi des jeunes qui « n’envisagent plus de faire la même chose toute leur vie ». Ils seront en première ligne : entre 2002 et 2012, 40 % des effectifs enseignants auront été renouvelés. Les Echos