PARIS (Reuters) - Les négociations salariales dans la fonction publique se sont résumées à un dialogue de sourds, les syndicats demandant une augmentation générale à un ministre qui souhaite des revalorisations individuelles.
Après leur rencontre avec le ministre de la Fonction publique, Eric Woerth, plusieurs fédérations de fonctionnaires se sont dites déçues et ont menacé d’une nouvelle grève en janvier.
Selon elles, le ministre a refusé de discuter de la revalorisation du point d’indice, qui sert de base au calcul de la rémunération des fonctionnaires.
Quelques minutes plus tard, Eric Woerth a dit à la presse qu’il prévoyait bien d’augmenter le point d’indice en janvier, mais seulement pour l’année 2008.
"On discutera de la revalorisation du point d’indice pour 2008 à partir du 15 janvier", a-t-il dit lors d’une conférence de presse. "On va augmenter le point d’indice en 2008."
Les fédérations de fonctionnaires veulent une hausse qui compenserait la baisse de pouvoir d’achat qu’auraient subie les fonctionnaires ces dernières années.
Elles se réuniront mardi pour décider d’une éventuelle nouvelle grève.
UNE MESURE EN CENTAINES DE MILLIONS D’EUROS
"On sort avec une grande déception des propositions du ministre, qui a refusé de parler du point d’indice", a dit à la presse Patrick Gonthier, de l’Unsa-Education. Les syndicats "seront obligés de passer à une étape d’action", a-t-il ajouté.
Selon Gérard Noguès, de FO, cette future action "doit être d’envergure et plus forte que le 20 novembre", date de la dernière grève dans la fonction publique.
"C’est bien la rigueur budgétaire qu’on met en place dans la fonction publique", a ajouté le responsable syndical.
Eric Woerth a présenté aux syndicats le dispositif qu’il souhaite créer pour garantir, à partir du 1er janvier, le pouvoir d’achat des fonctionnaires.
"Ce complément financier est un différentiel qui couvrira l’écart exact entre la hausse des prix" et les rémunérations, a expliqué le ministre, précisant qu’il était prêt à envisager un rattrapage des rémunérations qui pourrait remonter jusqu’à 2003.
"Sur l’ensemble des fonctions publiques, c’est plusieurs centaines de millions d’euros" qui seront engagés, a-t-il précisé.
Selon Eric Woerth, qui s’appuie sur une étude de l’Insee, 24% des fonctionnaires ont effectivement vu leur pouvoir d’achat reculer entre 2003 et 2007.
Mais avec ce dispositif, "on traite le symptôme mais pas le virus", a déclaré Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.
"D’une certaine manière, c’est la remise en cause de tout ce qui fait les principes de fonctionnement de la fonction publique", a-t-il ajouté.
Le responsable syndical a estimé que les fonctionnaires pourraient décider mardi "d’une journée d’action en janvier".