PARIS - Les syndicats de fonctionnaires et le gouvernement entament lundi des négociations salariales pour la Fonction publique avec notamment à l’ordre du jour l’épineuse question de la revalorisation du point d’indice, après plusieurs mois de dialogue de sourds et deux journées nationales de grève et de manifestations fin 2007 et début 2008.
Les syndicats exigent une hausse générale des salaires des quelques cinq millions de fonctionnaires d’au moins 1,6%, contre 0,5% proposé par le gouvernement.
Le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth et le secrétaire d’Etat à la Fonction publique André Santini reçoivent les fédérations de fonctionnaires lundi à partir de 17h à Paris, pour des discussions qui s’annoncent tendues.
Les négociations s’engageront sur la base d’une revalorisation au 1er mars prochain de 0,5% du point d’indice -qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires- revalorisation proposée par M. Woerth dans deux courriers adressés aux fédérations syndicales de la Fonction publique, le premier le 5 février et le second samedi.
Le gouvernement évalue cette hausse à un coût global de 354 millions d’euros.
Le gouvernement compte également proposer plusieurs mesures catégorielles ou liées à l’ancienneté, une "prime d’intéressement" financée par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant en retraite, une "garantie individuelle de pouvoir d’achat" ou encore la monétisation des comptes épargne-temps (CET).
Le gouvernement estime que l’effort de l’Etat en 2008 permettra de faire progresser la rémunération des fonctionnaires de 3,7%.
"Les propositions gouvernementales -et notamment la pierre angulaire du point d’indice- sont à nos yeux très, très insuffisantes. La revalorisation de 0,5% n’est pas une mesure sérieuse pour une entrée en négociations", confie à l’Associated Press le secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires-CGT (UGFF-CGT) Jean-Marc Canon.
Les syndicats réclament depuis plusieurs mois une revalorisation du point d’indice, alors que la dernière remonte au 1er février 2007 avec 0,8% d’augmentation.
Ils estiment que depuis 2000, les fonctionnaires ont perdu près de 7% de leur pouvoir d’achat. Les fonctionnaires se sont mis en grève et ont manifesté dans toute la France le 20 novembre 2007 et le 24 janvier dernier sur cette question, mais également pour dénoncer les restrictions budgétaires et les suppressions de postes dans la Fonction publique.
"Si lundi, il y a une fin de non-recevoir, nous en tirerons les conséquences", prévient Jean-Marc Canon. "Si on doit en rester aux chiffres du 5 février, ce n’est pas la peine de passer des heures à discuter". AP